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Jeudi 18 septembre 2008
Les québecois sont très chaleureux, très sympathiques. Si, si, je vous assure !
Mais vous êtes armés pour faire disparaître leur gentil sourire, encore plus rapidement qu'avec un bon coup dans les valseuses :
Parlez-leur de leurs routes.

Globalement, elles sont en mauvais état. Vous avez déjà vu un nid de poule ? Mais si, voyons ! le petit trou que les garagistes font dans la route pour vendre plus d'amortisseurs !
En fait ici, le nid de poule fait tellement partie du paysage que je pourrais presque en faire un beau bouquin de photos "Mes plus beaux nids de poule" avec des petites légendes du genre :
«Là, c'est en 2006, pas loin de la ville de Québec, il faisait 30 cm de large, j'ai même pu ramasser des cèpes qui avaient poussé dedans» ;
«Celui-là a tué sept personne avant qu'on s'occupe de son cas. Le salaud ! Enfin, paix à son âme.»

Avec une main tenant mon beau chapeau sur le coeur... Ça rendrait bien.

Ou encore comme le disait si bien une autochtone :
«Les nids de poule, c'est comme les Québecois, ça se cache en Hiver. Au Printemps : poupoupoupoup ! Ils sortent partout.»
Encore une fine poètesse dans l'ombre...

Mais les nids de poule ne sont que le petit ver dans le camembert, le petit caillou dans la chaussure.
Parce que je pourrai parler des patchworks de goudrons différents.
Je pourrai, pourquoi pas, parler des routes qui sont en terre parce qu'elles sont en reconstruction.

En été.

La saison où personne ne part en vacances bien sûr, ahah que vous êtes sots !

"- Je pars en Gaspésie cet été !
- Ah, oui et comment ?
- Bah en voiture.
Sur les routes.
En construction.
Pour me retrouver pogné (coincé) pendant 45 minutes dans les embouteillages. En pleine canicule.

- Et sinon, ta femme va bien ?"

Mais en fait, hormis le fait que les routes nécessiteraient un lifting complet, le problème principal c'est les autos qui roulent dessus.

Ou plus exactement, les êtres vivants qui les pilotent.

Ne pas mettre son clignotant ou le mettre au dernier moment, ça fait peur, mais ça peut arriver à tout le monde.
Une queue de poisson en voiture, c'est horripilant et dangereux.
Faire du slalom à 70-80 en ville, c'est faire preuve d'une débilité profonde en général masculine.
Et jeune, ô combien jeune.

La conduite c'est comme une relation sexuelle avec la route, certains vont trop vite et se crashent tout aussi vite, d'autres prennent leur temps mais le problème c'est le partenaire qui s'y prend comme un pied.
D'ailleurs, la fine poètesse d'un peu plus haut pense que les trois-quart des mâles québecois ont une forte proportion à faire des concours de gros kikis mécaniques en plein jour. Même si on a pas forcément envie de voir les popoles des autres.

Et je plains ceux qui font l'amour avec leur pénis organique aussi mal qu'ils conduisent. Et toc.

Ils conduisent tellement mal parfois que je me surprends à gueuler sur les autres.

"Et la priorité à droite, CONNARD !"
"Bah, euh, Luis... Elle existe pas ici..."
"Oué, bah fallait l'inventer.."

Bon, je le passe quand mon permis moi...

(la photo a été trouvée sur http://www.flickr.com/photos/chaimann/2577273151)
Par Oh my camembert !
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Mercredi 17 septembre 2008
Une image qui réconforte !



Ça vient de cet été, en
Gaspésie !

Le coin s'appelle Percé où l'on peut trouver le rocher percé... Auquel on pouvait accéder librement avant.

Mais depuis qu'un touriste s'est pris une pierre sur la tête et a poursuivi la ville...

Et bien faut payer ! Une misère, certes. Environ 5 dollars, pour avoir une visite guidée par des gens assez intéressants ma foi. Ah les procès..

Oui, ça ferait du bien un bon 25° plein de soleil !


Votre serviteur en pleine grisaille quasi automnale. Et encore, fait pas froid à ce qu'il parait.


Il va me faire peur cet hiver.
Par Oh my camembert !
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Mardi 16 septembre 2008
Un jour, Dieu qui avait trop chaud, décida qu'il ferait un pays froid : le Canada.
Il s'est dit aussi que les habitants se lèveraient tôt alors que la nuit n'aura pas voulu laisser sa place. Parce que bon, faut pas déconner, il devait pas être le seul à trimer quand même, bon Dieu.

A la base, il avait inventé le café pour que ses potes démiurgiques se réveillent des lendemains de cuites célestes (Avec ses cocktails d'hydromel de cumulo-nimbus et de sirop frais d'infidèle).
Par inadvertance, un de ses amis éméché en avait renversé sur la moquette en cumulus et ça s'était répandu un peu sur terre. Ces petits rusés d'humains avaient vite trouvé comment s'en faire des grosses tasses, des sacrées canailles ceux-là !

Par moins vingt degrés, c'est difficile de faire un feu pour que l'eau bout. Partant de ce constat simple, le Seigneur, dans sa toute magnificence créa Tim Hortons !

Le fast-food numéro 1 au Canada !

Grâce à ses cafés pas chers et rapides (servis en moins d'une minute environ ?) les humains canadiens purent enfin ne plus avoir à porter des silexs pour faire un feu, pour faire un café (Bon okay, Tim Hortons date que de 1964. Depuis ils ont inventé les briquets. Mais il fallait bien entretenir le mythe du bucheron Canadien pour faire plaisir aux français..).

Bien sûr, histoire de ne pas faire de l'argent que sur des cafés insipides (je hais le café filtre), God leur proposa aussi de faire des petites choses à manger. Des petits bidules gras pour que leurs corps fragiles riquiquis résistent à l'envahisseur étheré qu'est le froid hivernal. Pas la femmelette qu'on a à Bordeaux qui n'ose même pas descendre dans le négatif.
Le Froid.
Le viril avec des poils sur le torse et sa face rougeaude. Celui qui tabasse entre moins vingt et moins trente. Celui qui s'amuse à te faire des pichenettes brûlantes sur tes oreilles gelées non consentantes. Et après, Le Froid, il te colle une claque sur l'épaule en se gaussant d'un rire bien gras.


Nous disions donc : Dieu restait quand même humain et qu'il s'était dit qu'il fallait nourrir sa progéniture.

La nourriture que propose Tim Hortons est simple. Des tits sandwichs (bacon-oeuf-fromage-pain bizarre) appelés les Timatins. Un type qui avait perdu un pari a essayé d'en prendre deux pour son petit déjeuner. Il avait tellement de protéines fiévreuses de combattre le froid qu'il faisait fondre la neige sous chacun de ses pas. Il est mort d'une crise d'énergie peu après.
L'autopsie a révélé que le timatin avait commencé à dévorer son estomac. De rage.
On l'a capturé après qu'il ait mordu le doigt du médecin et on en a fait don à la fondation Mac Donald.

Bien sur z'ont aussi des choix de muffins, de bagel (prononcés bégole et pas bagèle) et d'autres trucs, tous plus sucrés/gras les uns que les autres.

Dieu maintenant, il est content. Il a beaucoup moins de ses petits humains canadiens qui viennent le voir après le trépas pour lui dire qu'ils ont pas assez à manger le matin. (Par contre il est pas mal embêté par tous les autres qui viennent le déranger pendant sa partie de golf aérien, soi-disant parce qu'ils n'ont plus assez de bouffe... Jamais contents décidément.)

Ils sont plutôt joyeux d'avoir leur café du matin sans se balader avec des fagots de bois dans les poches.
Sans parler de leurs protéines qu'ils n'ont même plus à piquer aux grizzlis. Et pis parce que le saumon, le matin, c'est pas top.

Et rien que pour ça,

merci Tim Hortons.
Par Oh my camembert !
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Dimanche 14 septembre 2008
Bordeaux est une ville délicieuse sous plein d'aspects. Il fait beau souvent, l'hiver toque doucement à la porte, mais comme on ne lui répond pas, il est trop timide pour entrer (d'ailleurs, parfois il ne toque même pas).

Puis la ville est suffisamment grande pour qu'on découvre encore des coins après y avoir habité 5 ans... et suffisamment petite pour qu'elle reste "humaine". On acquiert vite ses petites habitudes, ses petits coins préférés, son bar où il fait bon siroter son demi de bière (place Pey-Berland, par exemple ?).

Certes, certains iront de leur petit couplet : "C'est une ville de bourgeois gnagna".
On s'en fout, elle est belle cette ville. Et toc.
Et puis on a le tramway.
Et on a toutes les boutiques de luxe où madame De la Tourgazelle du Lichon va acheter ses sacs qui coûtent le salaire d'un honnête travailleur (C'est la vie).
Et on a Difintel Micro, le meilleur magasin de jeux vidéo indépendant où le patron te sert parfois des cafés.
Et on a plus d'avocats et de notaires au mètre carré qu'il y a de pavés à refaire dans les coins autour de la rue Saint Rémi.

Mais il faut savoir une chose : lorsqu'elle s'endort, après le film de la 3, Madame de la Tourgazelle du Lichon rêve de Montréal.

Parce que cette cité est certes cosmopolite et avec des aspects crades... (Comme toute ville opulente, elle a son lot de toxicomanes, de paumés et heureusement...) mais Montréal, pour se rattraper, elle a le Mont Royal.

Le Mont Royal c'est grand. C'est une "colline" au centre de la ville, avec un grand parc où l'on peut courir, se ressourcer. Parfois, on trouve un ou deux binômes humains en train d'y faire des choconneries (des conneries qui choquent) dans les bosquets.  Comme faire l'amour où des gens qui fument l'herbe, pas celle du parc, bien sûr. Ils vont quand même pas l'âbimer. Ils sont civilisés mes québécois, tout de même.

Outre la grosse montagne verte au milieu des prairies de béton et d'immeubles... Et bien c'est tout le quartier qui est joli. Très joli. Trop joli.

Tellement, que cette Dame bordelaise, le visite doucement en rêve, ce quartier.

Le Mont-Royal c'est une mignonnette ville française dans la ville Nord-Américaine. Le bastion des grenouilles qui souhaitent garder contact avec leur mère patrie où il fait bon râler. Comme si ça faisait oublier la neige en hiver où les vilains capitalistes bouh grrr..

Tout le coin est propret : on y a fait des mignonnes pistes cyclables avec des petits ouvrages sympas pour attacher son vélo. Parce qu'on a ça dans le sang, l'écologie.
On peut y trouver des pâtés de maison un peu fouilli où il fait bon d'aller se promener. Sans parler des gentilles échoppes où l'on trouve tout ce qu'une petite famille, qui a un minimum les moyens, voudrait trouver dans son Bordeaux natal. Des boutiques bios à profusion alors que l'on peut marcher une heure dans tout le reste de l'autre Montréal sans en croiser une. Et puis plus de bouquins que dans la bibliothèque nationale.

Ainsi, Anne (DLTDL de son nom complet) passe par les petites et grandes rues du Plateau Mont-Royal, et elle monte même tout en haut du mont pour contempler la vue qui a du en inspirer plus d'un. Ça ne fait rien, après tout, elle n'est pas fatiguée vu que ce n'est qu'un rêve.





(Cliquez pour voir l'image)

C'est assez réputé pour le fait que ça soit un quartier particulièrement friqué. Donc les boutiques en profitent pas mal. Bref, n'y allez que pour visiter, ne vous attardez pas sur les cafés alentours. Les commercants ont les dents longues et vous transpercent le portefeuille du regard dans leurs endroits de perdition en riant tels des damnés d'un rire gras et profond.

BEWARE !

Pour clore, c'est vraiment un quartier superbe.. Un vrai petit piège à Français.
Par Oh my camembert !
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Vendredi 12 septembre 2008
La première chose à faire quand on veut s'installer quelque part... C'est de visiter.
Certes, j'enfonce des portes ouvertes, mais assez souvent, en passant trois ou quatre jours dans un pays, ça permet de voir s'il nous plait suffisamment pour que ces jours se transforment en plusieurs mois, ou années.

Une des erreurs fréquentes des français... C'est de penser que le Québec est une autre France.
Que nenni. La province du Québec est une province du pays du Canada. Le Canada, vous savez, en Amérique du Nord ?

The Canada.

Un pays bilingue tout d'abord. Ce qui veut dire que vous aurez à traiter en anglais facilement une fois par jour. Pas de l'anglais de shakespeare, il est vrai. Mais de l'anglais tout de même !
Okay, je vais pas faire le méchant français qui est installé ici (tout d'abord parce que je ne suis pas réellement installé ici, ahah) et qui essaye de dépeindre le pays négativement pour garder son Eldorado. Loin de moi l'idée, je le trouve suffisamment agréable ce pays pour y être resté, il y a une raison.

Seulement, il faut accepter le faire que la promiscuité des USA vous donne des petits relents de capitalisme.
Il faut accepter que le français local soit pas mal anglophone dans des termes traduits ou adaptés (certains français appellent ça des barbarismes..). Il faut aussi accepter le fait que vous, en tant que Français, n'êtes pas forcément toujours bien vu. (Voir cet article)

Une fois que vous avez accepté ça et que vous avez visité le coin (et au passage trouvé l'endroit où on vend des baguettes décentes, il fallait bien faire un cliché), va falloir voir comment faire pour rester ici si vous le souhaitez.

Je vais compléter au fur et à mesure que mes démarches avanceront !
Par Oh my camembert ! - Publié dans : S'installer au Québec
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