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Mercredi 22 octobre 2008
Bouef, je suis bien vivant, juste sans Internet chez moi.

Je découvre un peu plus mon travail, je découvre un peu plus le quartier.. avec toutes les fournis qui sont dedans. Huh.
Je ferais de nouveaux écrits bientôt, faut juste laisser le temps au temps, et le salaire rentrer dans le compte. Pour pouvoir avoir Internet.

Il est rigolo leur Internet ici. Quand t'en parle avec des québecois ils ont l'air déçus :

"Bell c'est des crosseurs !"

Bah oui, c'est des voleurs.

Ptain, en France on est tous à se plaindre avec nos différentes box à 20 Mega. Mais réveille-toi Roger ! Ici, l'Internet haute vitesse est à 5 Mega ! Et on te fait payer ça dans les 40 dollars !

Mais c'est pas fini, il faut aussi que tu payes autre chose... Ton Modem, qui est pas forcément Wifi. Comble de la honte, Ô rage, Ô désespoir, Ô terrible infamie. Que trépasse si je faiblis.

Alors mes ptits Rogers ! On rigole moins hein ?

Bon, plus de news bientôt !

Je vous embrasse pour ceux qui le méritent,

Ah, juste histoire que le pays me rappelle son nom, demain, IL NEIGE !

Cooool !

Je dirais plus ça dans quelques semaines qu'ils arrêtent pas de me le répéter.
Par Oh my camembert !
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Jeudi 16 octobre 2008
Il n'a pas d'âge. D'ailleurs, ça fait tellement longtemps qu'il est là que ce n'est pas grave, sa vie actuelle a fait qu'il l'a oublié, son âge. Quasiment tout le temps qu'il passe ici, il est devant le gros immeuble bien haut, celui qui a suffisamment d'étages pour pouvoir contenir les centaines d'animaux qui travaillent dedans.

Tous les jours de la semaine il travaille 8 heures. La fin de semaine il sait que c'est inutile.

Il faut le voir aussi le quartier. Il se trouve beaucoup de lumières pour l'éclairer dès le matin, tôt, quand les petites fourmis viennent le peupler. Elles affluent en masse, il fait pas tout à fait jour d'après Joe le pessimiste et il fait pas tout à fait nuit d'après GI, son ami optimiste. Les petites fourmis sont toutes les mêmes. Elles travaillent, certaines sans trop savoir pourquoi si ce n'est leur rétribution, un peu plus tard.

Elles ont à peu près toutes la même réaction à la vue de leurs congénères, à moins de se trouver dans les mêmes entreprises, elles s'ignorent. Majestueusement. Alors qu'aucune n'est reine. Les éléments royaux, les chefs d'entreprise, arrivent dans leurs voitures rutilantes qu'ils espèrent à la même taille que leur appendice génital, leur kiki.

Une fourmi ça tient la porte à une autre fourmi sans la regarder. Ça n'obtient pas de merci, de toute façon ça n'en veut pas. Une fourmi est là pour abattre son travail et avancer, percer dans la hiérarchie pour avoir plus de nourriture, ou pour que ses bébés puissent avoir des chances d'être des fourmis mieux fournies.

Le temps avance vite dans le quartier. Pour celui qui n'a pas d'âge et qui passe ses heures de la semaine à travailler en bas de cette tour qui n'a pas d'âme, les lumières défilent, le soleil passe sur sa ville en accéléré. Les fourmis ne l'inquiètent pas, elles le nourrissent. Oh, faiblement, il ne faut point abuser de bonté. Néanmoins, le samedi il peut aller se reposer. Le dimanche, jour du seigneur, il dort aussi.

Mais en attendant que les lumières se couchent, que toute l'organisation animale soit partie du quartier, elle pulse fortement dans ses veines bétonneuses. Les corps des bâtiments se remplissent de vie. On leur injecte de la fourmi par tous les pores. Fourmis qui ne flânent pas. A la pause qu'elles s'imposent quand le soleil est à son zénith, elles se nourrissent vite. D'autres fourmis sont là pour cette tâche, elles aussi pour la nourriture et pour l'occupation. Parce qu'on ne peut vivre fourmi sans une tâche...

L'homme sans âge qui fait la manche sait bien qu'à partir de quatre heures de l'après-midi, le quartier écoule ses petits habitants temporaires. Ils quittent leurs usines à fourmis pour redevenir des Hommes, dans des quartiers plus jolis qui ne s'éclairent que la nuit, eux. Le quartier connait ses derniers soubresauts. Il n'y a désormais plus vraiment de formicidés pour pulser en lui.

L'homme sans âge et sans domicile qui fait la manche va ramasser ses dernières pièces et comme tous les soirs rentrer à son coin connu de lui seul pour pouvoir se mêler aux fourmis de demain. Il ne reste plus que quelques hommes sans âge. Ils s'en vont tous.

Pour qu'il puisse reposer en paix, ce quartier qui est mort de n'avoir plus de raison de vivre.


******

C'est ce qui m'a un peu choqué hier, en quittant le travail vers 20h.. Le quartier d'affaires de Montréal est véritablement vide. Les rares humains que l'on croise sont souvent des SDF ou des retardataires. Un peu bizarre alors que 3 heures plus tôt ça grouillait de partout ! Mais ne vous méprenez pas, je ne suis pas aussi pessimistes à propos de mes congénères fourmis !

Sinon, je savoure le fait de travailler après m'être tant battu pour obtenir ce droit !

Plus de nouvelles plus tard, je me pencherais sur mon aventure pleine d'actions et de rebondissements avec du soleil et du sable chaud.. Ah oui du soleil, je veux !

Je tente des choses avec l'italique, etc... Pour séparer les écrits des nouvelles. Ceux qui ne sont pas assez frileux pour les commentaires (comme Marouane, merci d'ailleurs =), n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !
Par Oh my camembert !
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Lundi 13 octobre 2008
Un bonhomme a trouvé l'amérique il y a un bout de temps... Il s'appelait Christophe Colomb (et pas colon parce qu'au Québec c'est un synonyme de con).
Puis les gens ont vécu, tué, fait des bébés, vendu, acheté et puis mangé. Enfin bref, arrivé en 2008, ils ont eu le temps de mettre plein de règles partout. Parce que les pays qui se sont mis sur l'amérique comme de la chantilly sur le gâteau, ils ont eu du mal à protéger leurs frontières des doigts gourmands qui voulaient en piquer un peu alors qu'on avait pas encore mis la table.

Ils ont créé des permis de séjour, des permis de travail (ils ont laissé tomber les permis de boire et respirer, c'était un peu trop contraignant.), bref des choses pour être sûr que la personne qui voudra manger de la chantilly sera bien choisie.

Mais les règles sont parfois bêtes. Très bêtes. Un permis de travail ne peut s'obtenir sur le sol canadien. Il faut arriver d'un pays extérieur pour se le faire délivrer à la douane.

Je me suis donc retrouvé à la ville qui porte un nom rigolo : Saint Bernard de Lacolle. Et je sais pourquoi ça s'appelle comme ça. Parce que peu importe à quel Québecois tu demandes ça.. Il ne saura pas où elle se trouve, bordel !

Me voilà donc avec un gentil québecois dans un van rouge sur l'autoroute direction l'inconnu sauvage et merveilleux. Il y aurait pu y avoir des naïades nues mais il faisait trop froid pour ça, on est au Canada en octobre quand même (il se trouve que pour un moins d'octobre c'est sacrément chaud).

******

Google maps a été fait par des gens compétents. Plein de types avec plein de jolis diplômes avec des mots compliqués. Ils ont même une fonction qui permet de rechercher une adresse par code postal canadien ! On arrête pas le progrès...

Sauf qu'en fait, lorsque vous inscrivez un code postal canadien, ça vous donne un point sur une zone. Quand on sait pas ça, on se retrouve au milieu de la région du code postal. Dans notre cas... Une jolie grange abandonnée avec tout plein de champs de maïs et un ou deux épouvantails avec qui converser. C'est bientôt Halloween, ça tombe bien.

On a erré en plein campagne qui pue la bouse de vache (jusque là, j'étais pas dépaysé par rapport à ma campagne française) et finalement on a trouvé quelqu'un pour nous renseigner...

Nous sommes donc arrivés au poste douanier, la frontière avec les USA. The frontier !

******

Globalement, la chantilly c'est pas si difficile à faire. Mais le Canada tient beaucoup à la sienne. Alors histoire d'être certain de n'avoir que les plus valeureux guerriers qui puissent savourer cette délicieuse garniture, ils m'ont imposé une dernière épreuve qui peut paraitre totalement débile quand même hein :

"C'est simple, vous allez de l'autre côté à la frontière américaine, vous la passez, vous vous faites refuser l'entrée et vous revenez avec leur papier de ce côté-ci pour vous faire délivrer votre permis de travail."

Bah hahah AHAHAH HAh. Ah.

Me voilà donc parti gaiement à pied (parce que mon chauffeur avait oublié son passeport et que globalement il comptait bien pouvoir rentrer chez lui sans se faire questionner par des américains pas contents) jusqu'à cette frontière.

******

Dans la formation des douanier américains, il doit y avoir au moins une bonne cinquantaine d'heures réservées à :
"Vous devez paraitre énervé au point de déchiqueter des oreilles avec vos aisselles.".

A environ cent mètres du poste de frontière, je vois sortir un mec en uniforme qui roule des épaules.
Je fais vingt mètres supplémentaires et bizarrement il se clone ! Bah merde, sont deux maintenant.
A environ 40 mètres ils sont quatre. Mais, mais ce poste frontière est un véritable trou à bactéries en uniforme.

Me voilà donc accueilli à une vingtaine de mètres du poste par un tonitruant concert de :

"Sir ! WHAT ARE YOU DOING HERE ?"
"Erh.. A working permit ?"
"Okay then, gimme your passport !"

Je tiens à dire que leur formation est particulièrement efficace. J'ai quand même fait gaffe à ne pas laisser mes oreilles exposées tout en essayant de me souvenir comment je me retenais d'aller aux toilettes quand j'étais en cours à l'école primaire.

******

Après avoir pris mes empreintes d'index, m'avoir photographié et m'avoir appelé par mon prénom, le douanier Esteban qui avait la moustache la plus virile de toute cette partie de l'Amérique du nord, m'a permis de repartir de l'autre côté.

Ah j'oubliais, la moustache étant un organe à part entière, elle empêche rigoureusement votre interlocuteur de vous comprendre. Ainsi lorsqu'il m'accueillit avec un charmant :

"How are you doing today ?" Version américaine du "Salut, ça va ?" Québecois.
J'ai donc compris...
"What are you doing today ?"

Inutile de dire que ce que je répondis était totalement à côté de la plaque et qu'il s'est bien foutu de ma gueule.
Pff, ESTEBAN SI TU REVIENS DANS LE COIN, JE TE RASE TA MOUSTACHE DE DOUANIER !

Je tiens à dire que les douaniers québecois sont carrément plus relax. Je suis arrivé et globalement, il y avait personne. J'aurais pu tout simplement m'enfoncer dans la pampa sans aucun problème !

Là, ce ne fut qu'une affaire d'une petite demie heure d'attente...

Le ciel s'ouvrit, un ange vint me caresser l'épaule et ses amis entonnèrent un choeur des plus magnifique.

Qui en cette nuit froide devait paraître bien irréel, je me retrouvais donc avec mon permis de travail.

Oui, vous avez bien lu... MON PERMIS DE TRAVAIL AHAHAHA !


Alors je tiens à remercier ma mère sans qui je ne serais pas là, ma copine et sa famille pour leur support... et ma guitare pour m'avoir servi de béquille lors de cet été moite et brûlant.

Je pense qu'il va y avoir un certain nombres de québecois interloqués quand ils me verront la face rouge et le rictus mauvais faire une petite crise dans le métro :

"AHAHAH JE L'AI HAHA !"
Par Oh my camembert !
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Vendredi 10 octobre 2008
Ça y est ! J'ai enfin les deux papiers tant convoités ! A moi le permis de travail en express !

Je ferai un article là-dessus plus tard !

En bonus, cherchez la faute, le premier gagnera rien, les autres non plus :





Par Oh my camembert !
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Jeudi 9 octobre 2008
Hier dans la nuit noire et sombre, j'ai rencontré un français. Il était sympa, il était même... gentil. Il m'a accompagné jusqu'à une ville à 15 minutes de Montréal pour quelque chose qui sera dans un futur article. Quelque chose qui respire l'obscurité, hum mystère, suspense et banane flambée.

Comme j'ai pu l'écrire dans un précédent article, j'aime pas forcément les français ici. Non, mes compatriotes, je ne vous renie pas en vous touchant du bout de ma botte de manière condescendante tel l'empereur que je ne suis que dans mes rêves les plus fous ! Néanmoins, comprenez que globalement j'ai été refroidi par la plupart de ceux que mon chemin tortueux a pu croiser !

Lui, il est intégré. Il a pas perdu son accent parce que quand même faut pas éxagérer, nan mais ho. Il a un boulot stable, une voiture.. Et des amis français.

En fait, c'est de ça dont je veux parler. Mes camarades de mon pays d'origine ne semblent avoir que des amis camembert, en tant qu'eux-mêmes camembert.  Un français à l'étranger, ça se colle, ça s'agglutine à tout ce qui semble lui rappeler son pays d'origine.

******

J'ai même, via une connaissance québecoise, connu furtivement un français qui souhaitait impérativement me rencontrer parce que j'étais "un compatriote" !
Et bah bordel de scheize, t'en a pas suffisamment des humains à rencontrer autour de toi ?

La rencontre s'est faite simplement dans un café connu ici où des hommes poilus (et d'autres moins poilus, pas de chance) qui ont faim viennent se remplir la panse de café et de timatin mangeurs d'hommes.

On se sent un peu débile quand c'est une rencontre arrangée-où-qu'on-doit-se-plaire.

- Alors voilà le français ! me dit-il d'un sourire de Père Noël.
- Euh salut. Lui dis-je en lui serrant la main.
- Alors, ça fait combien de temps que t'es ici ? T'aime bien ?
- Euh, depuis 2 mois environ et oui, sinon je serai reparti...
Inutile de narrer la suite... Banalités, alors ta femme et ton chien ? Ptain que je me fais chier, il est con ce mec.

Ce qu'il y a de bien c'est qu'en fait c'était réciproque : je semblais pas avoir émoustillé son organe français outre mesure. On s'est regardé en chien de porcelaine de Limoges, on s'est jeté plein de couteaux imaginaires avec des colombes qui s'envolent (ça c'est pour John Woo) et on s'est quitté en se disant : "Mais quel con." en Dolby Stereo.

Heureusement, ça c'était il y a déjà un mois !

******

Celui que j'ai rencontré hier n'était pas un français qui avait besoin de remplir ses oreilles d'accent français. C'était juste quelqu'un qui souhaitait rendre service à quelqu'un d'autre. C'était rigolo comme il a un peu fait le papa avec moi à grands renfort de : "Ah, tu vas voir ça, et puis ça !". "Et puis tu vas te rendre compte que les québecois conduisent mal !" Oh que je suis d'accord monsieur.

Ça m'a réconcilié avec les français à l'étranger. Bizarrement, c'est comme si une fois installés, ils oubliaient un peu qu'ils avaient été nourris à la baguette (ici on dit pain baguette) et au fromage qui pue. Ou ptet qu'en fait il était juste sympa à la base ce type..

Je veux bien en rencontrer d'autres des français, mais faut qu'ils soient déjà bien installés quand même..

Et pourquoi les fourmis ? Parce qu'elles s'agglutinent ensemble et s'entraident.
C'est peut-être ça qui m'a le plus surpris au départ. J'en ai rencontré quand même quelques uns des français intelligents et globalement, tous cherchent à t'aider. Ça fait chaud au coeur quand en France, c'est plutôt l'inverse et que tout le monde se tire dans les pattes.

C'est peut-être le fait de survivre en territoire hostile canadien ! Allez l'hiver, pas trop froid quand même, sois sympa quoi !

******

Sinon, je suis toujours en attente de mon CAQ... Ca fait long pour un simple envoi de Montréal à Montréal !

Un jour mon prince viendra, un jour il me donnera... Mon permis de travail en bonne et due forme.

Et bientôt de l'action, une quête mystérieuse en eaux troubles avec des requins marteaux et des gens bizarres !
Par Oh my camembert !
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  • : Montréal Voyages
  • : C'est l'histoire d'un type, il est à Montréal, tu vois ? Et puis bah là, plutôt que de donner des nouvelles que de temps à autres, il fait un blog, tu vois ? Et puis sa famille et ses amis peuvent le voir et savoir qu'il est en vie... Et ils peuvent aussi lui donner des nouvelles, tu vois ?
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